Faire autrement

Numéro 4 _ Oct 2017

Paris - France

Angel Anji

graphiste illustratrice vit sans frigo à Paris

En quelques mots

  • anti-gaspillage
  • challenge
  • changement
  • compost
  • éco-responsable
  • freegan pony
  • glanage
  • zéro déchet

Édito

Nous avons retrouvé Angel Anji dans un marché parisien pour aborder le sujet du gaspillage alimentaire. Elle s’est lancée un défi un peu fou, vivre un an sans frigo. Elle nous fait part de son expérience et nous explique comment moins dépenser pour mieux consommer.

Présentation

Hello Angel, qui es tu ?

Je m’appelle Angel, j’ai 27 ans, je vis à Paris et qui je suis ? Disons que j’essaye de faire au mieux pour vivre ma vie au maximum et de développer mon potentiel d’être humain à son max, on va dire ça comme ça.

Sinon, je suis graphiste, illustratrice en freelance. Depuis 1 an je me suis lancée le défi de vivre sans frigo. L’année dernière j’ai emménagé dans un appartement qui n’est pas équipé de frigo mais il y a un garde-manger. C’était l’hiver, je pouvais me passer de frigo et comme j’aime bien me lancer des défis un peu bizarres, je me suis dit que j’allais le faire sur un an et voir ce que ça peut m’apporter.

 

Un an sans frigo

Est ce qu’il y a un moment tu ne t’es pas dit que c’était long et que tu allais réduire la durée de ton défi ?

Oui il y a des moments où j’étais super tentée de ne pas aller jusqu’au bout de la démarche parce que c’est compliqué. C’est aussi pour ça que j’ai créé un blog. Un designer qui s’appelle Stefan Sagmeister disait : « Quand je veux faire quelque chose et que je n’ai pas le courage de me dire que je vais le faire je le dis à un maximum de personne comme ça je me retrouve coincé et obligé de faire les choses ». Donc c’est un peu ça. Je pars du principe que si je le publie quelques part, en l’occurrence sur Facebook, en disant que je le fais pendant un an, tout le monde a les yeux rivés sur toi et t’es obligé de faire les choses jusqu’au bout. Il y a eu un moment où j’ai attrapé une intoxication alimentaire parce que j’avais mal géré mes quantités et que je ne voulais pas jeter. Après je me suis dis qu’une intoxication alimentaire ce n’est pas si grave.

Comment as-tu démarré ?

En fait j’ai fait une rencontre l’été dernier. Cet homme avait un voilier de plaisance il avait choisi de ne pas avoir avoir de frigo dedans. Comme c’est un voilier de plaisance il pouvait faire les courses tous les jours. À partir de ce moment, il y a beaucoup de question qui se sont posées en moi, dans le sens où dans un voiler tout est plus petit. Je vivais dans un 35 mètres carré à l’époque, je trouvais ça grand et je me demandai si je devais déménager dans un lieu plus petit. Chose qui est très étrange pour tout le monde. Cette expérience m’a vraiment fait prendre conscience qu’on s’embête à se payer des mètres carrés en plus et qu’on ne les utilises pas. Moi j’ai énormément de problème pour aménager l’espace, j’ai l’impression que plus l’espace est grand plus il est difficile pour moi de l’approprier. Tout le monde te dit qu’il faut avoir un grand espace mais finalement je me dis que ça ne sert à rien.  Quand je suis tombée dans cet appartement qui était entièrement vide, sans cuisine équipée, j’ai vu le garde-manger, je me suis dit que j’allais essayer de faire ça tous les jours. Sachant que mon régime est végétarien depuis l’âge de 12 ans précisément.

 

De base tu ne mets presque rien dans ton frigo ?

Quand j’ai commencé a faire mes recherches de fruits et légumes je me suis aperçue que les légumes ne doivent pas forcément être rangés au frigo, ce n’est pas bon pour eux de les mettre au frais. Ce n’est pas vraiment utile. Le fromage se met au frigo mais je n’en consomme pas beaucoup, de même pour le lait végétal et les yaourts. Lorsque j’ai commencé c’était l’hiver, c’était assez simple. Je me suis dis que j’allais prendre des problèmes un par un et voir comment ça se passe.

Quand tu n’as pas de frigo, tu ne peux pas conserver certaines denrées sur du très long terme donc ça t’oblige à acheter moins.

Tu penses que ce challenge est un acte politique ?

Sans le vouloir ça en est devenu un. J’ai commencé à m’intéresser à l’anti-gaspillage alimentaire via le glanage parce que j’avais fait la rencontre de certaines associations comme la Freegan Pony. Rungis jette une tonne de fruits et légumes par jour, donc j’imagine que sur l’échelle de la France c’est beaucoup plus. À partir de là j’ai commencé à être plus concernée par rapport au gaspillage alimentaire. Un jour, un ami m’a proposé de faire des glanages au marché d’Aligre. J’ai réalisé que des cagettes entières partaient directement à la poubelle lors des fins de marché, notamment dimanche. Je me suis questionnée sur la manière dont on consomme et produit. Finalement le fait de vivre sans frigo c’est une continuité de tout ça. Quand tu n’as pas de frigo, tu ne peux pas conserver certaines denrées sur du très long terme donc ça t’oblige à acheter moins. Par conséquence tu réfléchis davantage sur ce que tu vas acheter aussi.

 

Finalement les denrées qu’on met au frais serait principalement des denrées industrielles ?

C’est totalement ça ! J’ai arrêté d’acheter des denrées industrielles comme le houmous en boite. Je ne consommais pas énormément de plats préparés et les fruits et légumes m’ont appris beaucoup de choses. Beaucoup pense qu’il faut automatiquement les mettre au frais et en réalité quand tu commences à chercher sur internet tu t’aperçois que ce n’est pas le cas.

 

Est ce que tu as trouvé des solutions pour conserver les fruits et légumes ? Est ce que tu achètes des oeufs par exemple ?

Oui, par exemple les oeufs, tu n’es pas censé les mettre au frais. Tant qu’ils sont à l’ombre dans un endroit sec c’est bon. Pour les fruits et légumes, par exemple la tomate, j’imaginais que ça s’abîmait beaucoup plus vite à l’air libre alors que c’est totalement l’inverse. Quand j’achète des tomates, elles prennent le temps de mûrir et je peux les garder 10 jours. J’ai lu beaucoup de choses sur la tomate : lorsque tu la mets au frais les nutriments et le goût s’en vont. Tu es censé sortir la tomate avant pour lui laisser le temps de reprendre une température normal. Quand tu ne mets pas au frais, c’est encore mieux, tout est bon.

J’ai appris beaucoup de choses, il y a des fruits et légume que tu dois mettre dans des vases comme des plantes : les épinards, le céleris, basilic, la menthe. Tu mets juste dans des pots d?eau et tu changes l’eau, c’est assez simple. Ça pose la question de la quantité, je me suis rendue compte que parfois je fais les courses pour ce que j’estime 2 jours mais ça va être plus et ça peut durer 3-4 jours. Je pense qu’on ne se rend pas compte de la quantité de choses que l’on achète.

Globalement on va être amené à acheter plus et beaucoup trop. Je me suis rendu compte que les salades en sachet sont pour 3 ou 4 personnes et la moitié des gens gaspillent la moitié du paquet parce qu’au bout d’un certain temps ça pourrit.

Il y a plus de formats familiaux que individuels.

C’est surtout une moyenne, les quantités sont très mal gérées et dans des villes comme Paris où il y a des gens qui vivent seuls c’est un vrai problème. C’est là où je me suis tournée vers le vrac et je me suis aperçue qu’on pouvait tout acheter en vrac même de l’huile. Ça permet de mieux gérer ces quantités pour moins de gaspillages. Est ce que la finalité est de vivre sans frigo toute sa vie, je ne sais pas, ce n’est pas ce que j’ai envie de dire, c’est surtout poser la question aux gens de ce qu’il consomment ? Qu’est ce qu’il achètent ? Et qu’est-ce qu’ils gaspillent ?  J’ai arrêté d’acheter de l’industriel, j’ai aussi réduit mon achat en plastique et c’est à partir de ce moment que je me suis posée la question du zéro déchet. Tous les déchets que j’avais comme les épluchures, il fallait les revaloriser et à partir de ce moment là je me suis intéressée au compost. Un lombricomposteur prend de la place du coup, j’ai installé un compost sauvage à ma fenêtre. Il est juste dans un coin un peu à l’ombre. Ce n’est pas compliqué parce qu’il faut juste avoir une bonne proportion de déchets humides et de déchets secs, c’est la base. L’été il y a pas mal de moucherons sauf lorsque c’est fermé. Je suis très ravie parce que j’avais pas mal de déchets organiques et ça me faisait mal au coeur de devoir les jeter. Mes parents m’ont appris qu’il faut éviter de gaspiller, une question d’argent je pense. Avant je remplissais un sac plastique de déchets par semaine, maintenant je suis passé à un tous les 15 jours.

 

Est-ce que tu cuisines tes épluchures et tes déchets alimentaires ?

Quand c’est bio oui. Si ce n’est pas bio j’évite mais maintenant que j’ai un compost, je ne me pose plus la question.

J’ai arrêté d’acheter de l’industriel, j’ai aussi réduit mon achat en plastique et c’est à partir de ce moment que je me suis posée la question du zéro déchet.

Qu’est-ce que tu fais du compost après ?

Là c’est la question, je vais me rapprocher des jardins partagés. Ça me permet de les revaloriser, ou encore demander à la mairie pour savoir si c’est possible d’installer un composteur d’immeuble. Mais ça pose la question de l’éducation car il y a beaucoup de gens qui n’ont pas l’habitude et il y a des choses qu’il faut éviter de mettre comme la peau des agrumes.

Le fait de vivre sans frigo c’est très ludique, ça t’oblige d’avoir un autre mode de pensée et de jongler avec d’autres manières de faire. Ce qui est difficile c’est de se débarrasser de ces anciennes habitudes et de se créer de nouvelles habitudes peut être plus simple si on le tourne de façon ludique. Je pense qu’il faut le prendre comme ça au lieu de se dire que c’est une contrainte. À aucun moment ça n’a été une contrainte pour moi.

Au final, contrairement à ce qu’on peut croire en ville c’est beaucoup moins compliqué : il y a des primeurs partout. À la campagne l’atout c’est d’avoir du terrain pour pouvoir se faire un potager. J’ai lu des articles sur des gens à la campagne qui créent des frigos sous la terre par exemple.
Avoir un frigo c’est la facilité, mais est ce que t’as besoin de quelque chose d’aussi massif et gourmand en énergie ? Il y a énormément de techniques pour conserver les aliments. Par exemple, t’as des légumes il suffit de mettre un léger filet d’eau pour les conserver. T’apprend pleins de choses, c’est génial !

Une discipline quotidienne

Concrètement quelles sont les contraintes au quotidien ?

Les contraintes ce sont les quantités de préparation. Je m’aperçois que je dépend de la température. Par exemple lors de la canicule, je ne vais pas mentir, il y a eu des échecs, comme l’intoxication alimentaire.
J’expérimente et je vois ce que ça donne mais j’ai moins gaspillé que ce que je pensais. J’ai juste adapté mes habitudes de consommation, de plus, en étant végétarienne je n’ai pas eu beaucoup d’efforts à faire.
En ce moment je passe progressivement à un régime végétalien. Pour faire un gâteau je ne vais pas pouvoir garder du beurre. Par conséquence je regarde des recettes de gateaux véganes qui trouvent des substituts aux produits laitiers.

Je suis quelqu’un de gourmande, j’adore cuisiner, et les plats véganes sont géniaux car il y a une possibilité d’expérimenter qui semble infinie. En terme de goût tu peux combiner des trucs que tu n’avais pas l’habitude de faire. Et en terme de texture tu peux combiner des choses nouvelles.

Le frigo est une révolution qui a été créé, c’était assez génial car on pouvait conserver les aliments bien plus longtemps mais ça a créé des mauvaises habitude. Notamment en terme de gaspillage alimentaire.

 

En plus de tes habitudes de consommations sans frigo est ce que t’as d’autres habitudes au quotidien qui vont dans ce sens la ?

Oui par exemple, je me déplace toujours avec une gourde sur moi. Il fait chaud je vais avoir soif et je ne veux pas acheter une bouteille en plastique qui ne sera pas forcément recyclée. Si j’ai faim et que je veux acheter des choses de dernière minute, je pense à avoir un sac sur moi pour éviter au maximum le plastique.

Est ce que ton expérience a suscité des réactions auprès de gens auxquels t’en a parlé ?

La moitié des gens ont dû se dire que je suis folle ! Mais la plupart des questions que je reçois, c’est comment je fais pour l’alcool. Sommes-nous obligé d’avoir des bières au frigo ? Si j’ai envie de boire un verre je retrouve des amis dans un bar.
Sinon récemment une personne m’a demandé comment je fais pour les desserts. C’est vrai que c’est une problématique. Mais en réalité ce n’est pas quelque chose que tu consommes tout le temps. Donc si j’en veux, peut être qu’il est préférable que j’aille dans un endroit qui les font super bien.
Je remarque que ça suscite beaucoup de curiosité. Ça intéresse les gens comme si c’était quelque chose de nouveau. Alors qu’en fait, il s’agit d’une vieille pratique ! Le frigo est une révolution qui a été créé, c’était assez génial car on pouvait conserver les aliments bien plus longtemps mais ça a créé des mauvaises habitude. Notamment en terme de gaspillage alimentaire.

 

Les satisfactions

Quelle a été ta plus grande satisfaction sur cette année sans frigo ?

J’ai acquis beaucoup de connaissance sur les fruits et légumes, et j’ai aimé voir l’intérêt que ça peut susciter chez les gens quand j’en parle autour de moi. C’est une expérience qui m’a plus encré dans mon engagement et me permet de remettre en cause les choses. Mais c’est tellement vaste qu’il est quand même difficile pour moi de répondre à cette question.

Est ce que t’a étendu ta démarche à d’autres habitudes ?

Ma réflexion s’étend partout maintenant. Tu peux partir d’un point et il y a des ramification sans fin. J’ai commencé lorsque j’étais en poste dans une grosse boîte d’e-commerce dans le milieu de la mode. J’ai trouvé qu’ils s’agissait d’un milieu très superficiel. Je me suis posée pas mal de questions sur la fast-fashion. La production de vêtements de masse avec des collections qui durent à peine deux semaines. Par conséquence j’ai commencé à acheter des vêtement de seconde main ou de créateurs plus éthiques. Ensuite j’ai fait le parallèle avec l’alimentation.

Ça vient aussi de mon éducation. Mon père à l’habitude de récupérer des meubles dans la rue et de les réparer. J’ai grandi avec cette vision que récupérer les trucs dans la rue c’est cool !
Là mon mixeur est cassé mais je vais choisir de le faire réparer dans un repair café.
Quand t’apprend que c’est de l’obsolescence programmée pour les ordinateurs ou pour tout autre appareil. C’est très énervant, c’est une sorte de manipulation.
Il y a aussi la notion de loi de l’attraction, je rencontre beaucoup de gens qui fonctionnent comme ça. Ma problématique c’est de me confronter à des gens qui ne sont pas dans ce milieu là, et de créer de la friction. Car en discutant avec ce genre de personne et de renverser des idées préconçues avec mon mode de vie sans frigo, les gens se posent immédiatement des questions.
Il est impossible de changer tout d’un seul tout coup, mais c’est toujours génial de semer des graines de changement.

 

Le glanage

On aimerait parler d’une autre habitude que tu as, le glanage. Est ce que tu peux nous dire ce que c’est et comment tu as commencé ?

Le glanage, j’ai commencé à m’y intéresser avec le Freegan Pony. Il s’agit d’une association qui a été créée Porte de la Villette dans un ancien squat.
Ils ont récupéré ce lieu et en ont fait un restaurant en cuisinant les invendus de Rungis. Ils ont eu aussi une super couverture presse ce qui a ramené beaucoup de monde.

Je me suis alors intéressée aux invendus et au gaspillage alimentaire. Un peu comme beaucoup de choses, on se met un voile devant les yeux en se disant que ça existe mais tu ne sais pas vraiment comment ça se passe. Lorsque tu es au coeur du problème en faisant des fins de marché avec des potes, c’est très choquant.
Un quantité énorme de nourriture est jetée à la poubelle, alors qu’il y  a de la misère sociale un peu partout dans le pays.

J’ai commencé à publier ce que je faisais sur les réseaux sociaux. Ce qui a généré énormément de discussions. Beaucoup de personne m’ont répondu que je ne contribuais pas du tout à l’économie. Je ne donne pas du tout au maraîcher qui est dans le besoin. Je pense qu’il s’agit d’une fausse problématique. En fin de marché tout est bradé, ça en est presque dérisoire. J’ai même demandé à payer un euro symbolique les légumes que je ramassais qui étaient destinés à la poubelle, mais tout le monde a toujours refusé.

Il y a beaucoup de glaneurs qui le font avec des motivations similaires aux miennes, mais il y a aussi beaucoup de personnes vraiment dans le besoin. Je pars du principe que je n’en ai pas forcément besoin, dans ces cas la, j’aide les gens à glaner des choses. Ça m’est arrivé de repartir avec pleins de cagettes et d’en donner la moitié à des sans-abris croisés dans la rue.

Le glanage m’a permis de me rendre compte de plusieurs choses : il y a beaucoup de fruits et légumes qu’on n’achète pas et que l’on jette car on a l’impression qu’il ne sont plus bon. On juge beaucoup trop les aliments sur l’apparence. Ça pose la question du calibrage et de la surproduction.

Une fois je me suis retrouvée avec des fraises en hiver, alors que ce n’est pas du tout de saison ! Ça n’a rien à faire la !

J’ai déjà essayé de faire pousser des citrons et j’ai pu me rendre compte du temps énorme que cela prend juste pour que la graine prenne vie. Je suis stupéfaite du peu d’attention qu’on y accorde par la suite… On est dans une société où on oublie que les choses prennent du temps à se faire.

Il est impossible de changer tout d’un seul tout coup, mais c’est toujours génial de semer des graines de changement.

 

La facilitation graphique

Tu es illustratrice, peux-tu nous en dire plus  ?

À la base j’ai une formation de designer graphique plutôt orientée dans le numérique, (interface, application mobile). J’ai pris l’habitude de dessiner lorsque j’allais dans des conférences en représentant ce que les gens partagaient. Un jours dans une conférence quelqu’un m’a dit qu’il s’agissait d’un métier qui s’appelle la facilitation graphique.
Il s’agit de vulgarisation de l’information par le dessin, peu importe la forme, BD, schéma ou infographie.

J’ai toujours aimé dessiner, j’ai toujours aimé apprendre pleins de choses, c’était le métier idéal !
En parallèle,  je perdais le sens de mon ancien métier dans le e-commerce qui servait uniquement à ce que les gens achètent des choses.
Dans ce sens la, j’ai l’impression de hacker le système de l’intérieur en utilisant des outils que je connais pour des causes qui me parlent beaucoup plus.

Il y a beaucoup de choses qui m’intéressent mais j’aimerais travailler sur le développement durable ou sur la politique. J’en ai fait pour l’intelligence artificielle alors que ce n’est pas du tout mon domaine. Mais les sujets sont tous intéressants !

Un impact collectif

Est ce que tu penses que l’action individuelle peut améliorer le monde ?


Oui et non. Oui ça a un impact, car n’importe quelle action que tu fais modifie le cour des choses. Pour un changement positif, tout seul ce n’est pas suffisant. Il faut que ça tende vers un mouvement collectif. C’est pour ça que j?adore des mouvements comme Colibri.

Si tu change tes habitudes au jour le jour ça a un impact sur du long terme, mais il faut que beaucoup de personnes le fassent à leur tour.

Je me souviens à l’inauguration de La Maison Zéro Déchet une personne disait que son but ce n’était pas d’arriver au zéro déchet mais que les gens diminuent au maximum leur déchets.

Je ne pense pas qu’on ait besoin d’être super radical sur sa manière de vivre.
La problématique c’est comment je fais pour qu’il y ait des gens autour de moi qui fassent la même chose pour que l’impact soit plus important.

Le futur

Est ce que t’as des projets pour le futur que t’aimerais nous partager ?


J’en ai des tonnes ! J’ai commencé avec un blog qui parlait de mon aventure sans frigo et me suis aperçu que j’aimerais continuer à raconter pleins de choses. Inspirer le changement de manière positive. Jamais en disant « c’est mal ce que vous faites », plutôt dans un esprit « c’est possible ».


J’ai envie de rencontrer plus de monde et de monter des projets pour partager leur expériences à leur tour. Je rencontre de plus en plus de gens qui veulent créer des associations sur le développement durable et des choses du genre, donc on verra.
Je suis énormément ancrée là-dedans mais ça reste des projets à développer.
je ne me pose pas de questions sur ce qui va se passer, tant que ça vient du coeur et que j’ai envie de le faire je le fais sans réfléchir !

As tu des références culturelles qui t’ont inspirées ?

C’est drôle, je n’ai pas lu beaucoup de livres dans ce domaine et n’ai pas eu de grosses révélations comme beaucoup de gens.

J’ai commencé par devenir végétarienne par rapport à ma spiritualité bouddhiste. Donc c’est d’abord religieux puis ensuite lié à l’écologie.


Je ne parlerai pas de références mais lorsque je vais dans des ateliers ou des conférences les gens parlent beaucoup de Béa Johnson. C’est génial d’avoir ce genre de connaissances là mais je n’ai pas vraiment ça. Pour ma part, il s’agit surtout  de conférences auxquelles j’assiste qui m’inspirent et les gens que j’y rencontre. Si tu parles avec des gens et que tu leur demandes des conseils sur comment faire telle ou telle chose, t’es déjà dans une démarche pro-active.

Finalement c’est une réflexion que je fais mûrir au fur et à mesure en expérimentant et en essayant tout simplement.

 


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